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Vincent RousseauPsychologue clinicien – psychanalyste

· Vincent Rousseau

Ce qu'un psychologue a le droit de dire, et à qui

Tout ce qui se dit en séance est couvert par le secret professionnel, et le violer est un délit. Voici précisément ce que cela recouvre, les rares exceptions que prévoit la loi, et ce que cela change pour vous.

Vassily Kandinsky, Tableau au centre vert (1913).

La réponse courte : rien. Un psychologue n'a le droit de rien dire de ce que vous lui confiez, à personne — ni à votre famille, ni à votre employeur, ni à votre médecin, ni à votre assurance. Et pas davantage le fait même que vous le consultiez. Ce n'est pas une politesse professionnelle : c'est une obligation dont la violation est un délit pénal.

Cette question revient souvent, formulée de biais : « est-ce que ça reste entre nous ? ». Elle mérite une réponse précise plutôt qu'un principe général, parce que la précision est ce qui rassure réellement.

Ce que le secret couvre exactement

Le secret ne porte pas seulement sur ce que vous dites. Il couvre tout ce dont le psychologue a connaissance dans l'exercice de sa profession : ce qui lui est confié, mais aussi ce qu'il voit, ce qu'il entend et ce qu'il comprend.

Cela inclut des éléments auxquels on ne pense pas toujours, et qui sont souvent les plus sensibles au quotidien.

  • Le fait que vous consultiez, qui ne sera confirmé à personne — pas même à quelqu'un qui prétendrait déjà le savoir.
  • Vos rendez-vous, leur fréquence, leur régularité et vos éventuelles absences.
  • Ce que vous avez dit, mais aussi ce que vous n'avez pas réussi à dire.
  • Ce que le psychologue a pu comprendre de votre situation sans que vous l'ayez formulé.

Concrètement : si votre conjoint, votre parent ou votre employeur appelle le cabinet, il n'obtiendra aucune information — et il n'obtiendra pas non plus la confirmation que vous êtes suivi.

Ce que risque un psychologue qui parle

L'article 226-13 du code pénal punit la révélation d'une information à caractère secret par une personne qui en est dépositaire, par état ou par profession, d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende. Le texte ne vise pas les psychologues nommément : il vise quiconque est dépositaire d'un tel secret, ce qui est le cas d'un psychologue en raison de sa profession.

Autrement dit, le secret n'est pas une règle interne à la profession que le praticien pourrait assouplir selon les circonstances. C'est une obligation dont il répond devant un tribunal.

Les exceptions, et pourquoi elles sont étroites

L'article 226-14 prévoit que cette interdiction ne s'applique pas dans les cas où la loi impose ou autorise la révélation du secret. La formulation est importante : ce sont les cas prévus par la loi, et eux seuls. Le praticien n'apprécie pas librement s'il lui semble opportun de parler.

Les situations concernées sont limitées. Elles visent principalement l'information des autorités judiciaires, médicales ou administratives lorsqu'il s'agit de privations ou de sévices infligés à un mineur ou à une personne qui n'est pas en mesure de se protéger, ainsi que les situations de danger imminent pour une personne.

Il faut aussi le dire clairement : ces exceptions existent pour protéger des personnes, jamais pour informer un tiers curieux. Aucune d'elles ne permet de renseigner un proche, un employeur ou un assureur.

Et si je veux, moi, que quelque chose soit transmis ?

C'est possible, et c'est vous qui décidez. Le secret protège le patient, pas le praticien : vous pouvez demander qu'un courrier soit adressé à votre médecin traitant, par exemple. Rien ne part sans votre accord, et vous savez ce qui est écrit.

En revanche, un psychologue n'établit pas de certificat destiné à faire valoir un droit dans une procédure, ni d'attestation sur une personne qu'il n'a pas reçue. Ce sont deux demandes fréquentes, et deux refus constants — ils protègent aussi la valeur de ce qui se dit en séance.

Ce que cela change pour un premier rendez-vous

Cela veut dire que vous pouvez arriver sans avoir trié à l'avance ce qui est dicible. La confidentialité n'est pas un supplément de confort : c'est ce qui rend le travail possible, parce qu'on ne parle pas librement dans un espace où l'on calcule les conséquences de chaque phrase. Comment se déroule une première séance.

Reste la question qui vient avant celle-ci, et qui arrête beaucoup de monde : est-ce que ma situation justifie de consulter ? Elle mérite sa propre réponse. Ce qu'est un symptôme, et le moment où il cesse de tenir.

C'est aussi la raison pour laquelle le formulaire de ce site ne comporte aucune zone de message : ce qui relève du secret n'a pas à transiter par un serveur avant même que nous nous soyons rencontrés. Ce que ce site collecte, et ce qu'il ne collecte pas.

Sources

Écrit par Vincent Rousseau, psychologue clinicien, psychothérapeute, psychanalyste.

Master professionnel de psychologie clinique, psychopathologie et santé mentale — enfants, adolescents et adultes — Université Paul Valéry Montpellier III. Numéro ADELI 44 93 1444 2.

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Ce texte est d’ordre général et ne remplace pas une consultation. Pour votre situation, un échange de quelques minutes au téléphone en dira plus que n’importe quel article.